Préparation de châssis
et autres pièces en fibres de carbone.
Edité le 01/05/2005.
Réactualisé le 18/05/2005.
Textes et photos de Georges.
Beaucoup de photos sur cette page!
Cliquer sur les photos pour les agrandir!

Nota 1:
Le webmaster du site décline naturellement toute responsabilité sur les conséquences des astuces de préparation suggérées.

Nota 2: La poussière de carbone est particulièrement nocive. Il convient donc de prendre toutes les précautions indispensables (idéalement gants, lunettes de protection, masque anti-particules...) pour éviter d'inhaler et de rentrer en contact avec cette poussière.

Préparation d'un châssis en fibre de carbone, partie 1: les slots d'accus.

Il est absolument indispensable de préparer les slots du châssis qui accueillent les accus pour deux raisons:

Certains fabricants livrent parfois les châssis avec les slots d'accus déjà biseautés, mais c'est assez rare. On se contentera donc dans ce cas de passer à l'étape suivante. D'autres livrent des bacs d'accus moulés en plastique, mais celà présente deux inconvénients.

Bacs six éléments
Le premier (pour le fabricant) est une raison de coût (un moule coûte cher...) et la seconde est plus technique. Lorsqu'un châssis dispose de ces bacs, les découpes dans celui-ci pour les accueillir sont très grandes, donc on diminue particulièrement la rigidité à un endroit précis du châssis et on le fragilise avec des zones de faible largeur.

Les légendaires bacs d'accus Corally ont changé de design.

La méthode proposée demande pas mal de travail. Il faut prendre son temps si on veut faire les choses à peu près proprement.

On le voit bien sur la photo ci-contre, mettre un accu dans ces logements relève du suicide...

On commence par dégrossir le travail des slots d'accus avec une petite (mais assez longue) lime plate de qualité.

Puis ensuite on finit avec un élément sur lequel on a enroulé de la toile émeri (de la 240 ici) maintenue avec un scotch double-face très fin.

On le fait alors rouler dans le slot pour le biseauter jusqu'à ce que l'élément soit à la bonne profondeur.

On vérifiera régulièrement le travail avec un élément d'accu seul. Il ne doit bien sûr en aucun cas dépasser du dessous du châssis! Idéalement, l'élément doit être 0.5mm au-dessus du dessous du châssis.

Attention à la différence de diamètre entre les GP3300 et assimilés et les GP3700 et assimilés, qui sont légèrement plus gros en diamètre! Le travail final devra être validé avec un pack complet. Si le pack de GP3700 ne tombent pas bien, il suffira d'augmenter l'angle d'un des deux bords des slots en conséquence.

Si les slots d'accus sont plus longs qu'un élément, on peut prendre des raccord de tuyaux PVC. On en trouve qui mesurent 50mm de long, pour 22mm de diamètre en magasin de bricolage. Il suffit alors de coller du papier de verre au double-face, et de faire rouler le tout dans les emplacements d'accus. (photo ci-contre de FaN)

Et voilà le résultat!

Aucun risque de se louper avec cette méthode, car pendant que l'on travaille, on peut voir si l'on ne va pas trop loin. Si on commence à partir de travers, on peut compenser facilement... A condition de bien prendre son temps...

Il faut également casser à la lime les angles des largeurs des slots (voir les flèches rouges sur la photo ci-contre), comme cela, l'élément repose dans un logement sans aucun angle vif.

On appliquera alors sur les logements d'accus de la cyano très liquide, soit directement si le flacon a un embout qui permette une dépose convenable, soit par l'intermédiaire d'un coton-tige (que l'on remplacera fréquemment). Cette dernière méthode est la plus précise, par contre, la cyano réagit avec le coton en produisant une fumée très irritante pour les yeux...

Pour éviter tout risque de court-circuit dans l'éventualité où une des gaines d'élément soit craquée, du scotch a été apposé sur les logements (mais aussi sur les pièces suceptibles de faire contact, comme les barres d'accus).

Le scotch le meilleur pour cette usage trouvé par l'auteur de cet article est le Kapton. Il s'agit d'un scotch orange translucide à base de polyimide, extrêmement fin, offrant une très bonne isolation électrique et particulièrement résistant à la température, mais vraiment pas facile à trouver.

Autre possibilité très proche du Kapton, le film autocollant en polyester bleu, très élégant, mais également difficile à se procurer. Un scotch large pour électricien peut tout-à-fait convenir, mais vieillira plus vite.
Illustration de l'application du film autocollant de polyester sur les photos ci-contre.

Le film est bien tendu et apposé au-dessus des slots qui accueillent l'accu, et ensuite lissé.

Si des pièces de calage sont à monter, elles le seront tant que le film est encore tendu et non-détouré.

Avec un scalpel ou un cutter bien aiguisé, on opère dans chaque slot un découpe en X, puis on plie les quatre parties obtenus dans le slot et on lisse bien. L'excédent qui dépasse sous le châssis sera découpé.

Et voilà le résultat!

Préparation d'un châssis en fibre de carbone, partie 2: les bords du châssis.

Il est conseillé de préparer les bords du châssis pour trois raisons:

  • Pour des raisons esthétiques d'abord.
  • Pour une question de durée de vie. Un châssis avec des angles vifs sera plus sensible aux impacts et la carbone se délaminera plus facilement.
  • Pour une question de sécurité, car les angles vifs des châssis en carbone sont parfois coupants.

Deux méthodes sont proposés, une première que l'on surnommera la méthode japonaise, et une seconde que l'on nommera la méthode américaine, cette dernière ayant nettement la préférence de l'auteur de cet article.

La méthode japonaise.

On nommera cette version la "méthode japonaise" car il s'agit de celle employée, entre autres, par Atsushi Hara (voir le reportage sur le training en vue de la DHI Cup 2004).

Cette méthode donne un résultat absolument superbe, mais a deux gros défauts. Le premier est sa difficulté, car elle exige beaucoup de patience et de minutie (Atsushi a mis environ 10 minutes pour préparer le châssis d'un autre pilote, et ce, avec de l'entraînement) et le risque de se louper est grand. La seconde est le faite que cette préparation est purement esthétique et ne renforce pas le châssis, car les fibres ne sont pas imprégnées par la cyano.

La méthode consiste à imprégner le bord du châssis avec un accélérateur de cyano (hexane), puis à faire délicatement glisser le long du bord une goutte de cyano suffisament grosse pour ne pas devoir faire de raccord...

Très très difficile, mais le résultat est réellement magnifique!

La méthode américaine.

On surnommera cette version la méthode américaine car fortement inspirée de ce qui se pratique en piste 1/12° aux USA. Une variante de cette préparation (qui diffère légèrement sur quelques points) est disponible sur le site CRC.

On commencera par dégraisser le châssis et surtout ses bords à l'alcool. Par précaution, on n'employera pas d'acétone qui pourrait éventuellement attaquer la résine liant le carbone.

Après séchage, on applique un premier filet de cyano sur les zones que l'on souhaite travailler, soit avec l'embout du flacon, soit avec un coton-tige (voir paragraphe précédent). La cyano doit être bien liquide et ne pas sécher trop rapidement (pour bien imprégner le carbone) et surtout de qualité. Une fois la cyano sèche (éviter les accélérateurs de séchage!), on commence à arrondir avec du papier de verre les bords du châssis, idéalement maintenu dans un étau avec des mords avec une épaisseur de chiffon pour éviter de griffer le carbone. Généralement, on commence avec du papier de 240 (ou un peu plus grossier si le châssis est vraiment épais). On nettoie le châssis pour enlever la poussière, on laisse bien sécher si on l'a nettoyer à l'eau ou à l'alcool, puis on remet de la cyano à nouveau pour bien imprégner le carbone, on lui laisse le temps de sécher, on nettoie, on sèche, et on poursuit avec du 320, de nouveau de la cyano, et ainsi de suite. On fignolera au papier de 600-800 sans remettre de la cyano après. Ainsi on obtient un bord arrondi bien imprégné de cyano qui fera l'admiration de vos petits camarades!

Les supports d'amortisseurs peuvent être également cyanolytés et leurs bords légèrement arrondis.

Il en va de même pour la platine supérieure.

Attention, point extrêmement important, dans certains cas, il faut laisser certaines parties des pièces en carbone tel quel, par exemple, quand d'autres pièces prennent appui dessus par exemple.

On prendra par exemple le cas de la platine supérieure de la FK04 (photo ci-contre, un cran plus haut) ou de celle de la Corally (photo ci-contre) qui prennent appui sur les cellules avants et arrières à ses extrémités (et également contre le support moteur pour la Corally). Un liseré de colle à ces endroits suffit dans ce cas à complètement tweaker le châssis une fois monté!

Vue du train avant de la Corally Assassin.

La méthode américaine (suite).

Sur certaines photos de courses, on peut remarquer que le bord a été non seulement arrondi, mais également fortement chanfreiné sur le dessous, comme la X-Ray de Jilles Grosskamp sur la photo ci-contre (voir le reportage sur le training en vu de la LRP Cup 2005).

L'explication du pilote est que ce châssis de 3mm est celui avec lequel il a roulé aux Snowbirds 2005. Cette course se roule avec des pneus mousses qui sont de faibles diamètres (car c'est dans cette configuration qu'ils sont les plus rapides et qu'ils s'usent le moins, idem en piste 1/12°) et la garde au sol est très basse. Ce chanfrein permet à l'auto de prendre un peu plus de roulis sans frotter et donc freiner l'auto.

Ce type de préparation se voit également de plus en plus en piste 1/12° où la garde au sol de ces autos est très basse (3mm minimum).

Préparation d'un châssis en fibre de carbone, partie 3: le dessous.

Le dessous du châssis peut être protégé par un film autocollant tel que celui vendu par Team Associated ou IRS.

Cependant, ce genre de film est assez cher, mais s'il est bien appliqué, il aura une bonne durée de vie.

Certains pilotes, pour préserver l'intégrité de leur châssis sur des terrains difficiles, appliquent sur son dessous du scotch toilé. Pas très esthétique, mais souvent salvateur!

Doublage des supports d'amortisseurs.

Si l'on pense qu'un support d'amortisseurs est un peu trop flexible d'origine, il est possible d'imaginer (s'il n'en existe pas de plus rigide en option et si l'on ne dispose pas de moyen de découper proprement du carbone) de les doubler et de les encoller pour augmenter la rigidité. C'est une modification que l'on voit parfois chez certains top pilotes, particulièrement en cas de forts grip.

Les faces à coller ont été dégraissées à l'alcool (pas d'acétone par précaution), dépolies au papier de verre de 320, de nouveau dégraissées et collées avec une colle époxy destinée à fixer les clefs d'ailes des grands planeurs R/C à séchage lent. Pour maintenir l'assemblage, le tout a été boulonné par un système vis/rondelles/écrous pour assurer la géométrie et mettre en pression la colle. Le film de colle doit être mince et bien uniforme, et appliqué avec une spatule en prenant garde de ne pas en mettre dans les perçages (pour éviter que les vis n'y restent collés).

Après 24 heures, le tout est démonté. Certaines parties de ce support d'amortisseurs doublé seront fortement arrondies et renforcés à la colle cyanocrylate (selon la technique habituelle) pour des raisons esthétiques et pour gagner un peu de poids. Les vis de fixation des amortisseurs, de la cellule, des biellettes de carrossage et des supports de carrosserie seront naturellement changées pour de plus longues.

Les trous seront retravaillés avec un forêt adapté (ici de 3mm), à la main. Petite astuce, un vieux pignon moteur monté sur le forêt permet une meilleure prise en main.

Si cette modification rend le support d'amortisseurs particulièrement rigide et quasiment indestructible, il y aura une contrepartie, le poids en hauteur qui relèvera le centre de gravité. Aux pilotes de choisir...

Pour valider cette solution ou non avant d'opérer cette modification, il est possible de faire des tests en assemblant simplement par vissage deux supports arrières d'amortisseurs sans les coller pour voir s'il y a gain ou non.

En savoir plus sur ce sujet:

Textes et photos (sauf mention particulière) de Georges.